[Kitetoa, les pizzaïolos du Ouèb

UMTS : il n'y a plus d'abonné au numéro que vous avez demandé...

touut... touuut... touuut...

Vous avez entendu parle de l'UMTS, dernièrement ? Ouais, le machin qui devait transformer nos téléphone mobiles en 3-pièces-cuisine-salle de bain. Parce que chez moi, c'est silence radio. Je m'étais fabriqué un UMTS Detektorz au kazoù, mais rien. Il reste muet.

Plus de prédictions astronomiques, plus de « market share », plus de « first mover advantage ». Rien de que sordides histoires de reventes de licences à moins déficitaire que soi, comme Telefonica avec Mobilkom en Autriche fin décembre. Comme Orange à TeliaSonera et Tele2 début janvier. Mobicom, en Allemagne, se tâte même pour rendre sa licence 3G à l'ART locale. Genre de baffe.

Vodafone et O2, en octobre dernier, avaient jeté un froid en déclarant à l'occasion de Telecom Genève que leurs services UMTS ne seraient lancés qu'une fois le service suffisamment fiable. Pourtant, qu'est-ce qu'il nous avait cassé les pieds Vodafone avec son nouveau hochet du temps où ça allait péter la baraque !

Ah ! Si on avait fait de même avec le WAP...

Le plus à plaindre dans l'histoire, c'est le client final (toi et moi, quoi...). Non seulement les licences auront coûté un pognon fou, mais en plus ça n'aura servi à rien. Et c'est sur nos factures que les opérateurs vont se rembourser. Scotché à leur ARPU (average revenue per user, ou, en bon français, le pognon qu'on peut piquer à l'abonné), j'ai bien peur que les opérateurs ne continuent de rêver à un eldorado composé de factures à 20% d'élasticité et de SMS surtaxés.

En écrivant ce papier, j'ai relu en diagonale ceux qu'on avait déjà publié sur ce sujet pendant et après la bubulle. Faudrait jamais faire ça. D'abord parce qu'il y a gourance sur plusieurs points (notre boule en Kitetoakristal était buggée), mais surtout parce que l'on a eu raison sur d'autres. Et avoir raison sur ce genre de papier signifie qu'une petite poignée d'employés d'opérateurs télécom se sont retrouvés à poil à l'ANPE.

Il est même inutile d'écrire que l'UMTS est au point mort. Il n'a jamais eu de boîte de vitesse. Un moteur peu fiable, un réservoir d'essence vide, un châssis cher à construire, et une carrosserie inexistante. Voilà pour les analogies.

Et les terminaux... ah ! les terminaux ! Toute une histoire. Quand je vois comment ma chère Maman se sert de son téléphone, j'ai de sombres doutes. Incapable de lire l'écran sans lunettes, complètement paumée quand il s'agit de faire autre chose que taper un numéro et de décrocher. Ma tante qui vient de se faire offrir un de ces combinés téléphone-appareil de photo, gadget qui l'a fait marrer 2 minutes avant de s'apercevoir qu'elle ne pouvait rien en faire vue qu'elle est la seule à posséder un téléphone de ce type dans la famille (outre le fait que la définition est-forcément- médiocre). Et mon cousin qui reste scotché à son terminal Sony antédiluvien « parce qu'au moins, comme ça, je ne me le ferai jamais tirer à la fac ». Comment ça on est pas représentatifs des utilisateurs de mobiles ?

Et pis voilà le WiFi qui s'en mêle, maintenant. Carrément mieux pour transbahuter des données, malgré la couverture pas toujours tip-top. Et la voix sur IP qui commence à faire des siennes. Alors au lieu de transformer un téléphone en ordinateur, pourquoi ne pas essayer de transformer les ordinateurs en téléphone. Ah ? C'est déjà fait ? Bon, je remballe mon biznèsse plan... D'autant que je pense avoir l'air très très con à causer à mon portable. Bonjour la chouffe dans le bus.

UMTS is dead ? pas loin. encore quelques mois, et ça devrait passer aux oubliettes de l'histoire, avant qu'on nous casse à nouveau les oreilles avec une teknolodjaï made in Japan ou ailleurs. Les opérateurs pourront alors dépoussiérer leurs PauvrePoint, en changer les dates, et présenter le tout, frétillants dans leur cos'-crav'.

Bougez pas, ça arrive.

Et on y sera.

Kitetoa

D'autres articles de notre expert "es UMTS" publiés sur Kitetoa.com, notamment au plus fort de la folie qui a entouré la chose. Ca ne vous fait pas peur à vous que les plus hauts dirigeants du pays et les plus grands experts en NTIC se soient mis autant le doigt dans l'oeil alors que des zouaves comme nous avions pressenti ce qui allait se passer?

;)