[Kitetoa, les pizzaïolos du Ouèb

Terroriste parsiparlatralala

Tony Blair vient de remporter une victoire. Les élus travaillistes ont voté un texte créant un délit d'apologie du terrorisme.

La lutte contre le terrorisme est une bonne chose. Mais elle est parfois problématique.

D'abord, on est toujours le terroriste d'un autre. Lorsque Israël luttait pour sa création, certains n'ont pas hésité é faire sauter en juillet 1946 l'hôtel King David à Jérusalem, qui abritait l'état-major britannique. Bilan, plus d'une centaine de morts. Cela pose la question de la définition du terrorisme. Est-ce le fait de tuer des civils pour tenter d'imposer ses idées? Le recours à la force n'est cependant pas toujours décidé par les leaders d'une lutte. Nelson Mandela était probablement, dans l'esprit des dirigeants sud-africains, un terroriste. De méme que Gandhi devait l'étre pour les britanniques. Bref, le sujet est difficile. Un combat perçu comme celui de terroristes peut finalement ne plus être considéré comme tel quelques années plus tard.

Ensuite, la lutte contre le terrorisme peut générer des comportements assez similaires à ceux auxquels elle s'oppose. Des comportements qui laissent entendre que l'être humain, dans certaines situations unilatéralement décrétées, ne mérite pas de respect. Au nom de la lutte contre le terrorisme, on peut torturer, tuer parfois. Lorsque la démocratie oublie les valeurs qui la fondent, elle perd son esprit...

Ce genre d'idées est parfaitement illustré dans la série 24 heures par exemple.

Voilà pour la fiction.

Dans la réalité, ce serait plutôt du côté d'Abou Ghraib qu'il faudrait regarder. Ou du côté des forces britanniques.

Aujourd'hui, le département de la Défense américain estime que la diffusion de ces images sordides met en péril ses soldats. Les extrémistes de tous bords risquant de s'approprier cette histoire pour justifier de nouvelles attaques. Peut-être aurait-il fallu empêcher les soldats en poste à Abou Ghraib de procéder à de tels actes ? Cela aurait évité les éventuelles récupérations par des extrémistes.

Autre solution, appliquer aux soldats de la coalition en Irak ou ailleurs le texte de Tony Blair ?

Le silence assourdissant des démocraties face à des comportements comme ceux des soldats américains d'Abou Ghraib, de Guantanamo en font de bien tristes complices

Kitetoa

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