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Tous cybercriminels?

Depuis 2000, un nouveau terme est apparu en une des journaux: cybercriminalité. Les politiques, la justice, les militaires, tous n'ont que ce mot là à la bouche. Et il véhicule des idées souvent abracadabrantesques. La première consiste à faire croire qu'à nouveau media, nouvel arsenal juridique. La deuxième, vise à faire passer les "cyber-criminels" pour des terroristes (au moins).

Le législateur n'a de cesse que de vouloir réglementer l'usage de ce nouveau media. Le réseau inquiète par ses possibilités, son côté démocratie populaire plus ou moins parfaite, dans laquelle chacun peut s'exprimer. Mais il pose également des défis en matière de sécurité qui sont sans précédent, si l'on s'en tient à l'extrême dépendance vis-à-vis des ordinateurs et du réseau, de l'économie mondiale.

Et les velléités des députés de tous pays sont pesantes. La recherche juridique autour du Net est fluctuante. Elle est cyclique et fonctionne en boucle. Les opposants à la LEN se battent aujourd'hui contre des idées qui avaient déjà fait l'objet de discussion, et déjà été tranchées il y a des années.

Pour s'y retrouver dans le dédale des lois pouvant s'appliquer aux histoires de criminalité informatique, Kitetoa.com vous recommande vivement la lecture du dernier livre de Maître Olivier Iteanu: "Tous cybercriminels - la fin d'Internet ?" chez Jacques-Marie Laffont Editeur. Tout le monde l'aura noté, Olivier Iteanu a défendu Kitetoa.com contre Tati et dans l'affaire Kitetoa contre Jean-Paul Ney. Le soupçon de copinage est légitime... Ceci dit Kitetoa.com n'a pas d'actions de Jacques-Marie Laffont Editeur. Et le livre d'Olivier Iteanu est très intéressant. Pas besoin de lien particulier pour en parler ici, donc.

Au travers de plusieurs cas judiciaires réels, l'avocat spécialisé en nouvelles technologies (ancien président de l'ISOC France) passe en revue les textes qui peuvent être utilisés dans des cas de criminalité informatique. Au delà du simple statut de victime classique, qui serait à la recherche d'un texte pour fonder sa défense, Olivier Iteanu explore quelques pistes intéressantes. Comme la responsabilité des entreprises face aux agissements illégaux de leurs employés ou celle des administrateurs de réseaux et de parcs informatiques d'entreprises, pris entre la volonté de surveillance des PDG et la nécessaire conformité à la loi...

Tous les sujets connexes sont également abordés. La nécessaire conservation des preuves, le recours essentiel à des professionnels lors d'une attaque (on ne touche à rien avant l'arrivée de la cyber-police, svp...), le F.U.D qui entoure la cybercriminalité, sa cohorte de chiffres aberrants diffusée par les éditeurs d'anti-virus ou les professionnels de la sécurité informatique, etc. Au fil des pages, la nécessaire démystification dans ce domaine particulier de la "cybercriminalité" est particulièrement pertinente. A la fois appuyée sur des arguments juridiques précis, elle reste accessible à n'importe quel lecteur.

"Aujourd'hui, le constat est que face aux menaces, la tendance revient à tout crimlinaliser sans nuance. Ce n'est pourtant pas la seule répression qui rendra infaillible nos systèmes", indique le juriste. Et de tirer ce triste constat: si la confiance dans ce réseau continue de s'effriter, il est probable que le modèle d'Internet que nous connaissons aujourd'hui finisse par s'effondrer. Il faut dire que le cercle vicieux est bien réel: "Cette dépendance [vis à vis des technologies et des réseaux ouverts] ne pourra perdurer qu'à la condition qu'existe un réseau fiable et stable, bref sécurisé. Sur le plan technique, tel n'est pas le cas et tel ne le sera pas demain. Internet n'a été ni pensé ni construit pour des communications sécurisées".

En effet...

Kitetoa

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