[Kitetoa, les pizzaïolos du Ouèb

Tu t'es vu quand tu opposabilise?

Le pipotron des politiques atteint un niveau très élevé sur l'échelle de Menteurovsky . Quoi? Les électeurs potentiels trouvent comme les petits excités des Enfants de Don Quichotte que les SDF dans la rue, ce n'est pas normal? Yakaaaaaa-Yakaaaa !

Il n'y a qu'à..., il suffit de..., calmer tout le monde en créant un « droit au logement opposable ».

Belle unanimité de la droite à la gauche (ou inversement). Même le président en exercice, qui avait en son temps fait campagne sur le thème de la fracture sociale, s'est enfin réveillé douze ans après l'avoir dénoncée. Bravo.

Bravo parce que l'augmentation de la misère dans un pays aussi riche que le notre est une honte.

Bravo parce que tout ce qui peut contribuer à sortir les gens de la misère est une avancée.

Mais une ou deux questions se posent. La première est évidemment « pourquoi avoir attendu douze ans pour le faire, à droite comme à gauche ? Pourquoi dire aujourd'hui seulement qu'il est insupportable de voir autant de monde dans cette situation ? ».

Et l'on embraye très naturellement sur la deuxième: « n'y a-t-il pas là une démarche un tantinet électoraliste, pour ne pas dire démagogique, un manque de volonté réelle, n'est-ce pas une manière de calmer la clameur publique? ».

A ce stade de la réflexion, posons-nous une troisième petite question: celle de l'application de la loi. Avant tout à ce type de problématique. Peut-on éradiquer la misère par la loi? Sa promulgation permettra-t-elle de sortir les gens de la rue? S'il ne fallait que cela, l'opposabilité de ce droit au logement, autant décider -par exemple- d'une politique de grands travaux et fournir à toute personne qui en ferait une demande justifiée, un logement. Par ailleurs, l'accès à la justice pour un citoyen lambda est déjà quelque chose de compliqué. Mais pour un SDF...?

Imaginons la scène:

- bonjour monsieur, je viens porter plainte parce que je suis SDF.
- oui. Nom, prénom, date de naissance, domicile?
- ben justement, j'en ai pas de domicile
- ah. Et vous comptez recevoir les pièces de votre dossier où?
- ben je ne sais pas moi
- vous avez un avocat?
- ben non, j'ai pas les moyens.

Sans compter les délais à respecter -pas toujours facile, même quand on a un avocat et une adresse où recevoir les pièces, sans compter les délais de la justice, engorgée car laissée pour compte de tous les gouvernements qui se succèdent depuis des années...

Il y a quelqu'un qui croit encore les promesses des politiques dans la cyber-salle? Levez le cyber-doigt que je vous voie...

Kitetoa

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