[Kitetoa, les pizzaïolos du Ouèb

Obama : les déceptions pourraient être à la hauteur des espérances...

Il est pas beau notre Obama (international) ? N'est-ce pas une panacée contre tous les maux de la terre et même de l'univers ? Maux répandus sur la planète en grande partie par George Bush et ses faucons. Ne va-t-il pas nous sortir de la crise économique ? Mettre un terme à la guerre en Irak ? Ne permettra-t-il pas de couper court à une situation de non droit et de tortures variées à Guantanamo ? Que d'espoirs... A droite, à gauche, tout le monde salue le nouveau messie. On se prend à rêver d'un sauveur intersidéral encore plus fort que Nicolas Sarkozy. C'est dire...

Pourquoi pas, après tout. On peut lui accorder le bénéfice du doute. Laissons-le agir et on verra bien ce qu'il en ressort disent les moins optimistes.

Après avoir fait naître de tels espoirs, il est à espérer qu'il saura les combler. Car a défaut, les déceptions seront à la hauteur des espérences : terribles.

Bien entendu, il faudrait qu'il y mette beaucoup du sien pour parvenir à déstabiliser la planète autant que l'aura fait son prédécesseur. Il y a donc de fortes chances pour que son mandat soit plus profitable pour les habitants de le terre que les deux mandats de George Bush.

Ceci étant posé, il n'est pas incongru de douter.

Une crise bien ancrée

Sur la crise économique tout d'abord. Pour l'instant, les plans massifs de soutien à l'économie ont fait la preuve de leur incapacité à enrayer le processus qui mène la planète vers une récession profonde. Tout le monde travaille sur de nouveaux plans de soutien. Londres annonçait son deuxième plan lundi 19 janvier, Washington entrait dans la phase deux de son plan tandis que les banques continuent - partout - de plonger. Le risque systémique n'a fait que s'éloigner quelque peu. Il reste prégnant.

Les rodomontades des président, au premier rang desquels l'histrion enfantin et ultra-nerveux Nicolas Sarkozy, sur le nécessaire besoin de « moralisation » ou de « refondation » du capitalisme n'ont pas été suivies d'effet. Seuls actes, le déblocage massif de fonds pour sauver la mise des auteurs des erreurs ayant mené tout le monde dans le mur. Rien sur la lutte contre les paradis fiscaux. Encore moins sur les rémunérations ridicules de certains dirigeants. Ne parlons même pas des parachutes dorés.

Idem pour l'encadrement des établissements financiers et la création de produits financiers chaque jour plus complexes et irrationnels. Un vrai désert pour les actes, une pluie de paroles qui s'envolent avec le temps.

Seule consolation, le travail des spin doctors fonctionne. Celui de la presse un peu moins.

Obama pourra-t-il sauver la planète des dérives de la finance folle ? Probablement pas plus que les autres. La finance se suffit à elle-même et s'impose aux autres pouvoirs.

L'image de l'Amérique dans le monde

Il est fort probable que Barack Obama fera des annonces attendues depuis des années sur la guerre en Irak. Ou sur Guantanamo.

Arrêtant l'une et fermant l'autre. Bravo. Qui ne se réjouirait pas de ce retour dans le giron des tenants du droit international pour la première puissance mondiale ?

C'est un point positif car l'image de l'Amérique a été profondément écornée par les deux présidences de George Bush et son équipe d'apprentis sorciers. Eux qui se fondant sur des mensonges éhontés ont mené des guerres « préventives » visant à transmettre la démocratie au monde, telle une sorte de virus. Avec les résultats que l'on sait. Des milliards de dollars engloutis pour rien, une détestation de l'Amérique, une dépréciation de l'image de la démocratie.

Pour ce qui est de l'Afghanistan, Barack Obama semble suivre la ligne de son prédécesseur et compte même renforcer les effectifs. Visiblement, le visionnaire de la Maison-Blanche n'a pas entrevu que les armées d'occupation finissent toujours par perdre. Pour des raisons évidentes que l'Histoire rabâche depuis des siècles.

Va pour de nouvelles morts, pour de nouvelles cohortes de gamins déglingués. Les uns ravagés par les bombes, les autres, de les avoir envoyées sur les premiers.

Welcome to Obaworld.

Le monde attend-t-il uniquement la fin de la guerre en Irak et la fermeture de Guantanamo pour se dire que l'image de l'Amérique et de la démocratie peuvent être à nouveau positives ?

C'est un peu le coeur du problème. C'est à une véritable introspection que l'Amérique devrait se livrer. Pour éviter de souffrir pendant des années de ses errements. Pour éviter les effets post-traumatiques du type Vietnam.

Et sur ce volet, il n'est pas certain que Barak Obama fasse ce qu'il faut.

Se pencher sur la banalisation de la torture, sur les procès, les enlèvements et détentions hors cadre judiciaire. Réfléchir sur le droit international bafoué, sur l'idée d'amener devant les tribunaux ceux qui ont été les donneurs d'ordres et ceux qui les ont appliqués... Autant de gageures.

Le premier à tirer aura été l'International Herald Tribune qui se penche dans un long éditorial sur ce sujet dans son édition datée du lundi 19 janvier 2009.

« Il y a eu de nombreuses discussions sur la nécessité pour le pays de regarder vers l'avenir et non pas vers le passé. Mais il est impossible de réparer quelque chose sans savoir au préalable jusqu'à quel point il est cassé. Le système clandestin que Bush et Cheney ont construit ne livrera pas ses secrets facilement. Pour s'assurer que les abus seront stoppés, l'administration Obama devra travailler dur et découvrir tout ce qui s'est passé. Guantanamo est le point de départ. [...] Il n'y a jamais eu d'explication convaincante sur les besoins pour la CIA de créer ses propres prisons hors d'atteinte du droit. Il faut qu'Obama soutienne la loi préparée par Feinstein (sénateur en charge du comité sur le monde du renseignement) qui imposerait à la CIA de livrer tous les détenus à la Croix Rouge. [...] La Maison-Blanche, le département de la Justice et le Pentagone devront également reconstruire les équipes juridiques qui ont vu des apparatchiks remplacer les professionnels avec comme mission de biaiser la loi pour justifier les décisions de leurs maîtres. Ce travail est essentiel pour restaurer la force de la loi. Il est essentiel de restaurer la réputation des Etats-Unis. Ainsi que la confiance des Américains en eux-mêmes et en leur gouvernement. C'est le seul moyen pour avancer à nouveau ».

Le constat est amer mais lucide.

A Barack Obama de ne pas décevoir.

Pour l'aider, Kitetoa.com lui livre une piste. Tout au moins en ce qui concerne la guerre en Irak. Le pathétique faucon Paul Wolfowitz avait lui-même donné l'ordre d'archiver tout ce qui était fait à propos de l'Irak. Et ce, dans un but précis. Citons le visionnaire Wolfowitz : « Les archives historiques du département de la défense maintenues lors des précédentes crises sont d'une importance historique pour les US et l'histoire du monde et ont été indispensables pour rendre compte de manière complète juste et objective au peuple américain des actes de son gouvernement. [...] Il est de la plus haute importance donc, que nous préservions les informations historiques de ce qui se passe en Irak et que nous en retirions des informations et des leçons qui peuvent être appliquées pour planifier, préparer et implémenter la défense nationale dans le futur. Dans cette optique, tous les membres du Département de la défense doivent identifier, collecter, organiser et préserver les traces, sur papier, supports électroniques, des images et informations enregistrées qui sont pertinentes pour les activités en rapport avec les opérations en cours et à venir ». Cette note est datée du 28 mars 2003. Et comme il fallait tout archiver, elle ne sera pas difficile à retrouver...

Kitetoa

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