[Kitetoa, les pizzaïolos du Ouèb

La Cnil, le Journal du Net et Kitetoa sont sur un même bateau, qui tombe à l'eau?

Il y a encore quelques jours, on m'a demandé "et toi, tu pourrais écrire dans le groupe Benchmark?". J'avoue que j'ai répondu: "où ça?". J'avais oublié que Le Journal du Net était une "publication" du groupe Benchmark. Cet oubli corrigé, j'ai répondu que non. Depuis que le Journal du Net existe, je trouve qu'ils font un travail nécessaire, mais que ce n'est pas le même que le mien. Comme de nombreux journaux écrits, le Journal du Net est une caisse de résonance pour les entreprises. On appelle ça aussi un piège à pub. Entre servir la soupe aux entreprises, créer un "media" qui fait passer l'information directement des services de presse des entreprises aux salariés des sociétés du secteur et faire de la presse, il y a un monde. Dans mon esprit tout du moins. Si ça se trouve, je me trompe. Ceci dit, ce n'est pas parce que je trouve ce qu'il font assez nul que je pense que suis opposé à la publication de ce genre d'information". Le Journal du Net a sa place dans "tout ça".

Hier, je découvre dans leur mailing-list (oui, je suis abonné. J'y ai longtemps puisé une grosse inspiration pour la rubrique "le monde fou, fou, fou de admins") qu'un "chat" aura lieu à 18 heures avec des représentants de la Cnil.

Je me dis ingénument que ce pourrait être une occasion de poser à la Cnil une ou deux questions qui me taraudent depuis des lustres. Je renonce donc à un rendez-vous important à 17 heures 30 et je me cale devant mon clavier.

Première déconvenue, le "chat" se passe sur une page html pourvue d'une applet java. Mon navigateur n'affiche pas les applets java. Java, c'est le mal. Comme Acrobat et quelques autres pseudo standards auto-proclamés. Me voici obligé de rebooter sous Windows.

Je me connecte.

Etant un peu en avance, j'en profite, puisque l'on m'invite déjà à poser mes questions, pour demander au modérateur s'il est possible de se connecter à leur serveur de chat via l'IRC. Il n'y a pas à dire, j'aurai toujours du mal à comprendre cette hérésie technique qui consiste à faire passer du mail ou de l'IRC dans du Web... Je pose donc ma question après avoir salué tout le monde. Attente. Regardage de l'écran avec moue dubitative, lecture du code source de la page (pour voir si les infos y sont), re-attente. Pas de réponse....

Le chat commence.

Etant là depuis un moment, j'ai eu le temps de préparer mes trois questions et je les poste avant les autres participants.

Première question: "Bonsoir, comment la Cnil compte-t-elle être crédible quand ses propres membres spament leur carnet d'adresse pour faire élire Cécile Alvergnat Femme Internet de l'année?".

Deuxième question: "Pourquoi la Cnil n'a-t-elle jamais eu l'idée de tenter de faire respecter l'article 29 de la loi de 78?".

Troisième question: "Pourquoi ce chat est-il modéré, vous pouvez bannir un intervenant indésirable...?"

J'attends à nouveau sagement des réponses, persuadé qu'il s'agit d'une discussion ouverte.

Pas de réponse. En revanche les premières questions de la trentaine d'internautes présent, validées par le modérateur, commencent à arriver. J'aurai dû me douter que, pour commencer, il fallait des questions "introductive". Nous avons donc plutôt le droit à "quels sont vos postes à la Cnil". Les deux intervenants, Mathias Moulin et Thomas Dautieu sont juristes à la Cnil. Me voilà rassuré, ils vont au moins pouvoir répondre à la deuxième de mes questions.

Las, le temps passe et les questions se font plus subtiles, mais les miennes n'arrivent toujours pas: "la Cnil a-t-elle les moyens technologiques et humains des pouvoirs que la loi lui confère?". Ou encore: "pourquoi aussi peu de condamnations de spameurs?". Ou encore: "Pourquoi avoir arrêté l'opération boite à spam, c'était bien...?". On a même le droit a des questions juridique tellement évidentes et médiatisées que l'on se demande si elles ont un intérêt à part celui de me faire regretter d'avoir annulé mon rendez-vous: "un employeur a-t-il le droit de relever la boite mail de l'un de ses salariés sans l'avertir?" ou "l'adresse ip est-elle une donnée personnelle?".

Toujours pas la moindre validation d'une de mes questions.

Je me tourne à nouveau vers le modérateur et lui demande s'il compte approuver l'une de mes questions pour que je ne sois pas forcé de rester jusqu'à la fin du chat pour rien.

Pas de réponse.

Comme je trouve que le fait de répondre à quelqu'un qui vous parle relève de la simple politesse, je finis par le signaler au modérateur. Toujours rien. j'en viens à me demander si ma connexion à Internet n'est pas morte. Que neni, je continue de voir affluer des questions d'autres internautes: "quelle est réellement l'étendue des spyware notamment dans kazaa?".

Une demi-heure après le début du chat, je n'ai aucune réponse à mes questions. Ni à celles posées en direct au modérateur, ni à celles posées dans le chat, qui n'ont, de toutes façons pas été approuvées par ledit modérateur.

Je décide finalement de poster ce petit texte à l'adresse du modérateur: "Je suis désolé, mais 30 minutes de chat et pas une seule question approuvée par le modérateur, je trouve que le ratio est assez bas. Je quitte donc le chat avec en poche de quoi écrire une suite à l'un de mes papiers sur la Cnil. Merci de votre courtoisie".

J'ai bien compris une chose: inutile d'aller perdre du temps sur les chats du Journal du Net si l'on a des questions qui peuvent mettre les invités en difficulté. C'est bien ce que je craignais, le Journal du Net est une caisse de résonance, pas un journal. D'ailleurs, on pourrait peut-être leur suggérer de se rebaptiser "La caisse de résonance de la nouvelle économaïe"?

Comment ça, c'est déjà fait?

Un plébiscite des internautes?

Ah? Je ne savais pas...

Kitetoa