[Kitetoa, les pizzaïolos du Ouèb

Washington lance une campagne de marketing mondiale (illégale?) pour redorer le blason des USA et celui de la lutte anti-terroriste

Toujours à la poursuite d'une instauration et d'une pérennisation du règne du faux, Washington a décidé de confier à une entreprise privée le soin de lancer une vaste campagne de communication pour un budget de 300 millions de dollars afin de redorer le blason des Etats-Unis dans le monde.

« Nous sommes dans un environnement où des choses fausses, inexactes et nuisibles aux Etats-Unis sont diffusées dans le monde entier sur la guerre contre le terrorisme », a indiqué Lawrence DiRita, porte-parole du Pentagone, cité par l'AFP. « Il est important pour nous de contrer cela et nous devons le faire de manière sincère, avec un certain degré de transparence », a-t-il ajouté.

Il y a un point de la dépêche AFP qui nous a fait tiquer: « M. DiRita n'a toutefois pas indiqué si les experts de "guerre psychologique" du Pentagone avaient été autorisés dans le cadre de cette campagne à diffuser des messages dans les médias étrangers sans révéler que le gouvernement américain en était la source ».

Il se trouve qu'en février dernier, le Government Accoutabililty Office (GAO), c'est à dire plus ou moins notre cour des comptes, avait pondu une note très précise sur ce type d'actions pour rafraîchir la mémoire des galonnés et des agences gouvernementales en général.

Que disait cette note? Simplement qu'il était interdit au gouvernement ou à ses agences de dépenser de l'argent public dans le but de faire de la publicité ou de la propagande déguisée.

Les troufions de George W. Bush, sont habitués aux coups durs en termes d'image. Les « tirs amis » des guerres d'Afghanistan et d'Irak qui ont coûté la vie à leurs propres troupes et à celles de la coalition, les tortures d'Abou Graïb, les « délocalisations » de prisonniers dans des pays peu regardants sur les droits de l'homme, sont des exemples parmi d'autres qui ne les ont visiblement pas démoralisés outre mesure. Mais si George Bush et l'élite de la troupe des nouveaux apporteurs de démocratie restent droits dans leurs bottes, il semble que le reste du monde se poose quelques questions. Les effets de ces petits incidents et des questions suscitées les poussent visiblement à envisager une opération martketing pour redorer leur blason.

Pourtant, le GAO est formel : depuis 1951, le Congrès renouvelle régulièrement l'interdit fait aux agences gouvernementales de dépenser de l'argent public pour réaliser de la « publicité ou de la propagande ». Même si le contenu est juste et n'est pas sujet à questionnement, précise le GAO.

Pas question donc d'utiliser des publi-reportages aux frais des contribuables. Pas miro, le GAO a pourtant noté que « les documentaires prémâchés sont devenus des outils courants dans le monde des relations publiques, et que certaines agences fédérales les adoptent également ». Finalement pas complètement fermé aux méthodes marketing modernes, le GAO précise que ces documentaires prémâchés sont autorisés dans le cas où le public est averti de la nature de ce docu-réalité. Ouf ! A quand le publi-reportage (estampillé comme tel) sur Guantanamo dans les pages d'un féminin ou d'un hebdo ?

Ce que ne dit pas le GAO, c'est que le gouvernement américain serait peu avisé de dépenser de l'argent pour créer de toutes pièces de la propagande ou de la publicité pour améliorer son image alors que des chaînes de télévision comme FOX le font gratuitement.

Kitetoa

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