[Kitetoa, les pizzaïolos du Ouèb

11 septembre, Afghanistan, Irak: quatre années de règne du faux

Vous avez probablement lu notre petite théorie sur l'avènement du règne du faux.

Pas un jour ne passe depuis quatre ans sans que ne s'ajoute une pierre à ce triste édifice. C'est d'autant plus déplorable qu'au F.U.D véhiculé par les gouvernements qui ont fait le choix de la désinformation permanente, vient se greffer le F.U.D des conspirationnistes de tous bords. Ces derniers sont plus que jamais confortés dans leurs délires. Puisque tout est faux, c'est que l'on nous cache tout et si l'on nous cache tout, c'est qu'il y a une bonne raison. A ce stade, tout est possible. Cochez la case qui vous convient: [ ] c'est parce que les comparses de Roswell sont revenus chercher leur copain, [ ] c'est parce que George Bush est la réincarnation de Hitler, [ ] c'est parce que le grand capital prépare l'arrivée des quatre cavaliers de l'apocalypse, [ ] autre.

Bref, l'époque est à l'incertitude et ça ne risque pas de s'améliorer.

Nous avons donc vécu quatre années de mensonges érigés en vérités. Chacun sait qu'un petit mensonge en engendre un second, puis un troisième, etc. L'idée étant que pour justifier le premier, une fois confronté à la réalité, il faut bien inventer quelque chose pour se justifier.

Aujourd'hui, si l'on regarde un peu en arrière, on se rend compte que les actions du gouvernement américain en Afghanistan et en Irak, censées être une réponse au 11 septembre 2001, ont principalement généré... n'ayons pas peur des mots, une merde noire.

Avant tout, on peut raisonnablement s'inquiéter des populations civiles de ces pays. Plus personne ne compte le nombre de morts en Afghanistan. Trop pauvre, trop éloigné, probablement trop peu dangereux pour la stabilité des pays développés. En Irak, le nombre de civils tués augmente chaque jour, créant son lot quotidien de futurs « résistants ». Il y a une chanson de Sinsemilia (Non-sens) qui parle de de type de problème: « Car s'ils ont tué l'un des miens. Demain ,l'un des leurs mourra de mes mains [...] Car si j'ai tué l'un des siens. Demain ,l'un des miens mourra de ses mains. J'entre dans la danse. Du non sens. Un fou de plus dans la transe. J'entre dans la danse du non sens. Et sourit la démence ». Etc. Merci qui? Merci nos dirigeants qui prennent des décisions -au nom de leurs certitudes- qui, finalement, nous impliquent beaucoup trop. Les relations internationales, déjà fragiles après la chute du mur de Berlin ont été anéanties par le 11 septembre et les décisions du gouvernement américain. Cette équipe a vendu une guerre « globale » (sinon rien) sur des prétextes qui s'avèrent totalement fallacieux. Et il n'y a qu'eux pour continuer de le nier.

Où est Ben Laden, que la guerre en Afghanistan devait permettre de capturer? Al-Qaïda est-elle démantelée après quatre ans de combats dans ce pays? Ce dernier est-il « stabilisé » par la démocratie américaines ainsi exportée? Les trafiquants d'opium sont-ils neutralisés? Les chefs de guerre sont-ils jugés pour leurs crimes? Contrôlés dans leur délire meurtrier?

Où sont les Armes de Destruction Massive irakiennes supposées? Celles qui pouvaient toucher l'Europe? Israël? Où est le programme nucléaire de ce pays félon? Qui a présenté des excuses à Hans Blix et à son équipe? Où est la démocratie irakienne contagieuse qui devait se propager à toute la région? Quelqu'un a noté que le Liban reprenait lentement le chemin de la guerre civile?

Les démocraties et leurs peuples ont abandonné à leurs dirigeants leur pouvoir de contrôle. A laisser leurs dirigeants leur mentir sans les sanctionner, ils ont renié leurs droits fondamentaux, ceux qui caractérisent le système démocratique. Et ils se sont fait les complices de ces guerres « préventives », oh combien meurtrières.

En mangeant tout cru sans un soupçon d'esprit critique les mensonges des agences de communication ou des gouvernements et de leurs spin doctors (1), les peuples des démocraties créent les fondations de leur malheur futur.

Qui se souvient que la guerre en Irak est illégale? Qu'elle a été décidée unilatéralement par les Etats-Unis qui ont, au passage, porté un coup fatal aux Nations-Unies, le système de régulation supranational qui permet de faire appliquer un semblant de droit international? Qui se souvient que les américains envoient des avions anti-char tirer des missiles sur des enfants au nom de la lutte anti-terroriste? Qui se souvient qu'avec l'arrestation de Saddam Hussein, le gouvernement américain promettait le calme en Irak? Pas les morts de Moussayeb probablement. Ils s'en fouttent désormais. Qui se souvient des tortures d'Abou Ghraib? Qui se souvient? Qui se souvient? Qui se souvient...?

En laissant des démocraties se vautrer dans des pratiques plus communes aux dictatures, comme la torture ou les détentions arbitraires, leurs peuples renient leurs valeurs. Une lente descente aux enfers dont tout psychologue (même de comptoir) saurait décoder facilement les conséquences évidentes. Le mensonge, le non-dit ou la négation de la réalité sont généralement décrits par les psys comme des facteurs d'angoisse. Non?

Alors que les deux tiers des britanniques sont persuadés que les attentats de Londres sont liés à la participation de la Grande Bretagne à la coalition en Irak, Tony Blair continue d'affirmer sans rire que ce n'est pas le cas. Tout comme il affirmait en mentant effrontément qu'il y avait en Irak de terribles ADM. De la même façon, les dirigeants des pays occidentaux ont mené des guerres « préventives » contre des Etats souverains au mépris de manifestations monstres de leurs propres électeurs, opposés à de telles pratiques. Aveugles et sourds...

A trop nier la réalité, Tony Blair et ses amis ne font qu'accroitre un sentiment d'injustice qui radicalise. Une problématique fort bien décrite par Salim Lone dans The Guradian du 12 juillet et dont les gens d'en bas, comme dirait Jean-Pierre Raffarin, payent le prix.

Kitetoa




(1) Voici la profession de foi de l'agence de communication qui avait monté l'affaire des couveuses débranchées par les vilains de Saddam Hussein pour convaincre le peuple américain de la nécessité du conflit du Golfe (sous George Bush père).

Company
We believe that communication has the power to create change and that real change only occurs with effective, powerful communication. Communication is the heart of what makes us human, what makes the world go round, and what we at Hill & Knowlton do day in and day out in 72 offices in 38 countries around the globe. Powerful communications that make a difference, that go beyond the ordinary, that can transform, inspire, move and educate is why we exist. This power can be accessed by our clients wherever and whenever they need it; in specialist arenas and in global campaigns; in the corridors of government; in the financial centers and in the minds of consumers everywhere.



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